
About
abou diarra
Abou Boubacar Sidiki Diarra est un musicien issu de la génération des joueurs de Kamale’N’Goni. Né en 1975, dans la région de Sikasso (cercle de Niéna, village de brousse de Sanankoroni Togola), au sud du Mali, berceau de la musique Wassoulou, il est le fils d’un grand chasseur-féticheur appelé Niama Diarra et de Fatoumata Diallo, chanteuse, initiée au savoir des chasseurs et joueuse de Yabara (instrument traditionnel à percussion de la région de Ganadougou).
Son parcours l’a amené vers l’histoire des chasseurs et la musique traditionnelle mais également vers le choc des cultures, les questions liées à l’exil, et l’occidentalisation de l’Afrique. Issu de la brousse, imprégné de culture traditionnelle, il porte un regard sur la société africaine actuelle, questionne le quotidien et la solitude des hommes. Dans un va et viens constant, Abou chante les temps ancien et les tiraillements de l'Afrique moderne. Il conte la force de l’empire mandingue, des grands artistes qui ont sillonné le Mali, la sagesse des vieux et la richesse de la culture bambara.… et raconte les contrastes saisissant de la période contemporaine, avec sa nouvelle génération et l'oubli progressif des vieilles coutumes au profit du monde occidental de consommation.
Il enregistre son premier album « Kono Kan Bora » fin 2006. Sa diffusion au Mali est encore récente (février 2008). Cet album a rencontré de bons retours à sa sortie (plusieurs semaines au classement musical, ventes importantes pour un premier album, interviews, concerts…) par le public malien. Le style est très moderne et concorde assez bien avec les musiques actuelles écoutées au Mali. Les paroles décrivent le quotidien de l’Afrique, le positionnement des hommes pauvres et le tiraillement qu’opère l’économie mondiale et la politique africaine sur le peuple.
En avril 2008, il enregistre « An Ka Belebele », et décide de travailler en acoustique avec des instruments traditionnels, dans un esprit de métissage entre traditionnel et moderne. Les difficultés financières ont limité les ambitions de ce projet, d'où l’absence du N’Goni à deux cordes (avec un son plus proche du Banjo), de la flûte Peul et du Balafon. Les paroles vont en accord avec la musique, dans une dynamique de « retour aux sources ». Abou y rend hommage aux anciens, à sa culture et ses racines. Il parle du Mali avec tendresse et respect, mais interroge encore inlassablement la société actuelle africaine, la démocratie et le pouvoir du peuple.